iim

Racines
Banque de données bibliographiques

INFORMATIONS SUR LE GLOSSAIRE

SECTION 1: SAVOIRS ET PRATIQUES TRADITIONNELS ET ENDOGÈNES

SECTION 2: THÉORIES ET CRITIQUES DU DÉVELOPPEMENT

Ce glossaire entend être plus que des notes expliquant les mots, termes ou notions utilisés dans la construction de la banque de données Racines.  Il se veut essentiellement un guide par rapport à un discours non-conventionnel sur ce qu'on nomme le développement, ainsi que par rapport à une vision qui est en train d'émerger et qui prend radicalement ses distances à l'égard du paradigme du développement, et cela à partir d'une perspective interculturelle.

Cette banque de données cherche à articuler un mode de pensée en créant des termes et mots nouveaux qui placent la culture comme matrice, en vue de comprendre les savoirs et les pratiques endogènes et traditionnels.  Plusieurs des mots, notions, concepts et termes utilisés dans les descripteurs (consultez la liste des descripteurs) ne requièrent pas d'explication.  Seuls ceux qui en requièrent une sont dans ce glossaire.

 

SECTION 1: SAVOIRS ET PRATIQUES TRADITIONNELS ET
                       ENDOGÈNES

FONDEMENTS ONTOLOGIQUES

Le fondement ontologique (d'une culture donnée) réfère à ce qu'on nomme parfois: l'ontologie, la métaphysique, la Weltanschauung, la Cosmovision, la Kosmologie, la Vision du monde d'une culture particulière.  Cela veut dire que chaque culture comporte une vision particulière de la Réalité comme Tout, et que ses mythes, symboles, croyances, intuitions, expériences, expressions sont le champ, la source, l'horizon, les postulats de toute sa connaissance et de sa pratique.

Trois dimensions distinctes de ce fondement ontologique sont considérées ici:

  • la dimension Humaine:  sa vision de l'Homme (Vision anthropologique)
  • la dimension Cosmique: sa vision du Cosmos (Vision cosmologique)
  • la dimension Divine: sa vision du Mystère, du Transcendant, du Principe Divin (Vision théologique). Une mise en garde est requise ici: il ne s'agit pas de réduire le sens de théologie à une religion particulière, par exemple à ce que les religions monothéistes croient et entendent par le mot théologie.

CULTURES ARTISTIQUES, CULTURES ÉCONOMIQUES, CULTURES POLITIQUES, ETC.

Le mot culture est ici utilisé comme préfixe des mots artistique, économique, politique, etc afin d'expliciter que le mot culture est pris ici au sens de matrice d'un peuple particulier, comme étant son univers de vie, son savoir et ses pratiques dans les divers aspects de la vie humaine. Ceci, en contraste à la culture entendue au sens de catégorie sociologico-anthropologique ou purement conceptuelle/objective, comme et à côté d'autres catégories telles que l'économique, le politique, etc.

En d'autres mots, nous aimerions reconnaître ici que les divers groupes humains à travers le monde, possèdent leurs propres trésors de savoirs et de pratiques, dans les divers domaines de l'activité humaine, tels que l'art, l'économie, le politique, les soins de santé, l'éducation, le droit et la justice, l'agriculture, l'environnement, etc.  De plus, les différentes cultures ont des mots différents pour exprimer tout ceci, de sorte que ces derniers sont le plus souvent non-traduisibles dans les langues européennes utilisées ici.  Enfin, le sens de ces notions peut être radicalement différent du sens des termes occidentaux utilisés ici. [Note: Exemples: Les Arthashastras ou le système Jajmani (système économique propre aux traditions de l'Inde); l'économie du don et de réciprocité communautaire chez les Kanaks de la Nouvelle-Calédonie; les traditions de médecine ayurvédique en Inde ou les traditions de la médecine chinoise; la tradition "politique" du Cercle et de la "Nation-sans-état" chez les Iroquois d'Amérique du Nord (appelés Handenosaunee: les gens de la Maison Longue].

Nous espérons que cette façon particulière de comprendre et d'utiliser le mot culture aidera à prendre conscience des complexités de la question de l'identité culturelle mais aussi de la nécessité de reconnaître les droits des peuples à leurs identités culturelles respectives, et enfin de la nécessité d'une nouvelle méthodologie pour un authentique dialogue interculturel.

CULTURES RELIGIEUSES

Par là, nous ne voulons pas dire que certaines cultures sont religieuses alors que d'autres ne le sont pas.  Nous faisons référence à ce qu'on pourrait appeler la dimension religieuse de toute culture, entendant par là la dimension d'ultimité dans toute culture en tant que voie de salut, de libération, de plénitude de vie.  Nous ne référons donc pas simplement aux cultures "théistes" ou uniquement à ce qu'on nomme couramment "les grandes religions", mais aussi aux cultures religieuses d'Afrique, des peuples autochtones, à la religion de la sécularité, la religion de l'athéisme, etc.

PRATIQUES PLURALISTES

Cette notion réfère à la réalité qu'au cours des âges, les peuples du monde entier empruntent, transportent, exportent et importent du savoir-être et du savoir-faire, à travers des interactions variées.  Particulièrement dans les sociétés du Sud par exemple, on peut constater aujourd'hui l'existence évidente de systèmes occidentaux modernes de pratiques, dans toutes les activités humaines, à côté de pratiques multiformes traditionnelles.  Cette co-existence de mondes séparés, de connaissances et de pratiques, n'est pas toujours harmonieuse.  Très souvent, la réaction entre eux, en est une de domination, de contradiction, de conflit, mais parfois elle en est une de créativité et d'innovation.

On veut ici souligner la nécessité de reconnaître cette réalité.  Mais nous voulons aussi souligner que cette contradiction entre la modernité et les pratiques tradidionnelles existe dans les sociétés occidentales (quoique pas toujours évidente à cause des technologies envahissantes), et qu'il y a de nombreux signes et évidences de créativité et d'innovation à travers les contacts avec les cultures asiatiques, africaines et autochtones.

ETHNOSCIENCE

Quoique ce mot soit sa propre explication, il requiert quelques notes supplémentaires de mise en garde, ainsi qu'en vue d'une explication ultérieure.  Il est important de comprendre l'importance de ce terme.  Par exemple, l'ethnomusicologie dans le monde académique réfère aux traditions musicales autres que celle de l'occident "mainstream".  De la même manière, l'ethnomédecine réfère aux traditions médicales autres que celle de la médecine occidentale moderne, et l'ethnoscience signifie les modes de savoir autres que ceux du savoir scientifique occidental dominant.  Ceci peut signifier d'un côté qu'il y a une prise de conscience, au moins académique, de l'existence de ces autres sphères de connaissance, mais d'un autre côté, cela peut aussi signifier un processus "d'ethnicisation" de ces savoirs.  Le processus d'ethnicisation donne à ces systèmes de pensée et de pratiques un statut périphérique par rapport au système scientifique moderne de pensée qui continue d'être une relation de domination.

ÉCOSOPHIE

C'est la sagesse de la nature i.e. la sagesse qui vient de la nature et du Cosmos.  Il y a des cultures qui basent leur compréhension de l'écologie sur cette sagesse.  Par exemple, la sagesse de la Mère terre, des animaux, des plantes, des eaux, des rivières, etc.  De telles cultures écologiques suivent directement la sagesse inscrite dans l'écosystème, plutôt que la sagesse, la planification et le contrôle de la nature par les humains.  Cette vision diffère beaucoup de la vision dominante de l'écologie, basée sur la logique de l'homme et sur sa compréhension rationnelle, objective de la Nature.

TECHNOLOGIES ALTERNATIVES

Dans une grande mesure, cette banque de données essait de ramasser de l'information sur "le savoir-faire traditionnel" tel que, en agriculture ou dans le maintien de l'équilibre environnemental, etc.  Ce "savoir-faire traditionnel" des peuples et des communautés à travers le monde est regroupé ici sous le titre de technologies alternatives, avec une préoccupation spécifique pour la préservation, le maintien et la croissance du savoir local, au lieu de les approprier à l'intérieur du paradigme de la technologie moderne.

 

SECTION 2: THÉORIES ET CRITIQUES DU DÉVELOPPEMENT

CULTURES ET DÉVELOPPEMENT

Depuis quelques années, des théories voient le jour autour de la question: "cultures et développement".  Par exemple, cette décennie a été proclamée par UNESCO la décennie de Cultures et Développement.  Ces théories se préoccupent surtout des modèles et programmes de développement qui ne prennent pas suffisamment en ligne de compte la culture locale dans leurs projets. Mais ces théories portent peu d'attention à la nécessité de remettre en question la notion même de développement et/ou à la nécessité d'analyser cette culture même qu'est le développement.  C'est de ce dernier point dont il s'agit ici.

ALTERNATIVES AU DÉVELOPPEMENT

Il y a eu beaucoup de critiques des modèles conventionnels de développement, qui sont surtout économiques et technologiques dans leur nature.  Aussi, y a-t-il plusieurs théories pour des modèles alternatifs de développement, par exemple, le développement endogène fait la promotion du développement basé sur la culture locale, où le modèle de développement prétend qu'il devrait y avoir des variations ethnoculturelles du développement.  Ici, au lieu de parler de développement ou de modèle de développement alternatif, nous évoquons une vision d'alternatives au développement, i.e. d'alternatives qui proviennent de la vision, du savoir et des pratiques des cultures locales.  Les théories d'alternatives au développement articulent une critique de la notion et de la culture du développement, particulièrement en ce qui a trait à sa prétention à l'universalité, ainsi qu'à sa prétention de devoir être le point de référence absolu pour la bonne vie.

LE COLONIALISME CULTUREL DU  DÉVELOPPEMENT

On présuppose ici que le développement comme notion n'est ni a-culturel, ni universel.  Il est décidément enraciné dans la culture occidentale moderne.  Sans condamner ici tout ce qui vient sous la notion de développement, on peut dire que depuis quelque quatre décennies les activités et les programmes autour de ce concept ont forgé une "culture particulière".  Cette culture est basée sur une vision rationaliste et technologique avec un système de croyances dans l'économie monétaire et le marché et dans une technologie qui se considère nécessaire pour le salut de la race humaine.  Ainsi, la plupart de ces activités de développement peuvent être considérées selon des degrés divers comme des formes contemporaines de colonialisme culturel, soit du Nord à l'égard du Sud, soit de la culture occidentale moderne à l'égard de la culture occidentale traditionnelle.  Il ne s'agit donc pas d'un simple transfert d'un modèle de développement pour le bien-être de tous les peuples, mais l'imposition au monde entier d'une culture homogénéisante.

fleche.gif

[ Haut de page ]

[ Action internationale ]

[ Racines ]

[ Liste des descripteurs ]